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Juillet 2003
Exposition "La chair et Dieu" 2003
Ces visages sont habités, vivants. S’ils ne sont pas toujours épanouis et sereins, ces hommes continuent à vivre, à chercher.
Qu’ils subissent ou qu’ils maîtrisent leur chair, elle demeure le champs de bataille de leurs expérimentations, de leur quête ou de ce que l’existence leur impose. Elle finit par être façonnée à l’image de la vie qui l’a agitée.
D’abord de façon quasi chirurgicale, les émotions sont triturées, à vif, laissant comme séquelles des expressions inscrites sur les visages. Les veines se dilatent, la sueur assouplit la peau, la cornée se trouble, trop humide. Le muscle frémit, comme posé sans hasard sur une plaque trop chaude.
Laissée au repos, petit à petit, la chair souvent inconfortable va s’apaiser, devenir un dépôt de matière, empreinte entre deux couches. Une sorte de sédiment sur lequel les aléas de l’existence n’ont plus de prise. Elle va être la trace, la cicatrice lisible d’une vie. Là, les premières émotions ressenties s’estompent, trop ponctuelles et instantanées.
La chair vive s’efface progressivement et révèle une présence, plus immatérielle. La présence est ici ce qui reste une fois les émotions évacuées, elle n’agit pas sur les nerfs comme la chair vive, elle s’adresse à l’âme. Cette présence est plus vivante qu’une émotion. Elle vibre. Non dans l’instant, mais dans le temps. Elle s’est dépouillée de tout ce qui rendait le corps vivant et pourtant il vit, elle apporte à ses visages en souffrance une lumière, elle montre ce qui les dépassent, en eux, elle les rend visibles.
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